Recours aux médecines complémentaires non médicamenteuses

Mar 29, 2019

09:30

Amphithéâtre Rondelet

30min

Recours aux médecines complémentaires non médicamenteuses par les patients douloureux chroniques: Étude observationnelle descriptive transversale par enquête publique

La douleur chronique est un problème de santé publique. Les médecines complémentaires et alternatives (MCA) sont en plein essor, mais leur usage reste mal connu ainsi que l’opinion des patients.
OBJECTIFS : Etudier le recours aux MCA non-médicamenteuses (MCANM) par les patients douloureux chroniques, en déterminant sa prévalence, ses déterminants sociodémographiques et médicaux et sa place dans le parcours de soins.
MÉTHODE : Etude observationnelle descriptive transversale par enquête publique (tracts dans les cabinets médicaux, les pharmacies, messagerie réseaux sociaux et professionnels…) auprès des patients souffrant ou ayant souffert de douleurs chroniques (DC), à l’aide d’un questionnaire anonyme renseigné par internet.
RÉSULTATS : 793 réponses ont été analysées. La prévalence du recours aux MCANM était de 78,4%. Une cause des DC était identifiée dans 78% des cas, principalement une pathologie ou un trouble neuromusculaire ou squelettique, multiple dans plus de la moitié des cas. Les techniques manuelles étaient majoritaires (ostéopathie…), après information d’un professionnel de santé dans 42% des cas. Le profil-type de l’utilisateur de MCANM est un(e) de patient(e) DC déclarant une fibromyalgie (OR=2,12; IC95% [1,22-3,66]; p<0,01), avec un niveau d’instruction élevé (OR=1,19; IC95% [1,04-1,37]; p=0,014), et une couverture sociale satisfaisante (OR=1,7; IC95% [1,17-2,47]; p<0,01). Dans le groupe « recours », 13% n’avait jamais tenté de traitement conventionnel avant, 34% avaient fait usage des MCANM après échec de la médecine conventionnelle et 92% les recommanderaient à leurs proches. Les motifs de non recours aux MCAM étaient le manque d’information (22%), de moyens financier ou d’accès (30%), ou l’inefficacité et la mauvaise réputation (37%). CONCLUSION : Il s’agit de la première grande enquête sur le recours en France aux MCANM dans les DC, permettant de définir un profil type d’utilisateurs avec une forte représentation de patients fibromyalgiques et de femmes et une satisfaction globale. Face à cet usage fréquent, il semble nécessaire de développer l’information des professionnels de santé sur les MCANM et de préciser la place de ces méthodes dans la prise en charge.

Copyright 2019 MY WAY EVENT